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Les Oiseaux de Papier

bretagne des hommes des lieux

Petite histoire du Grand Paimpol

Max Querrien

Cinq fois maire de la ville, M. Querrien raconte Paimpol.

17€ - 162 p - 15x21 cm - NB
ISBN : 978-2-916359-48-9

Description

C’est la fusion de trois communes des côtes d’Armor – Paimpol, Kérity et Plounez – qui a donné l’idée à quelques élus locaux précédemment en place de solliciter la candidature à la nouvelle mairie du « Grand Paimpol » d’un breton « de l’extérieur », membre du Conseil d’Etat et à ce titre (entre autres) parisien, mais très présent depuis toujours sur cette pointe nord de la Bretagne.
Max Querrien est lui-même né en 1921 à Concarneau où son père, natif de l’île de Bréhat, était alors en poste, sa mère étant quant à elle originaire de Saint-Malo.
Élu maire de Paimpol pour la première fois en 1961, il se prend d’une véritable passion pour cette mission de développement local qu’il mène avec son équipe municipale et la coopération de nombreux partenaires, élus et responsables d’administrations. Pendant un tiers de siècle, malgré les difficultés inhérentes à tout mandat électif, il aura la joie de voir se réaliser sur le terrain les divers projets portés par la municipalité : logements sociaux en centre-ville, équipements scolaires, hôpital, zones d’activités et de commerces, verdissement des quartiers, aménagements divers...
Il raconte aujourd’hui son itinéraire paimpolais jusqu’en 1995 où, à 74 ans, il choisit de ne pas se représenter.

Extrait

(Préface d'Érik Orsenna)

Longtemps, j’ai pris Paimpol pour l’antichambre du paradis. Petit Parisien dix mois sur douze, j’attendais l’été pour retrouver le bonheur, c’est-à-dire les vacances dans l’île de Bréhat. L’arrivée à Paimpol fêtait mes retrouvailles avec les bateaux et la promesse que bientôt, dans quelques kilomètres, je verrais de nouveau, abandonné tristement à la fin août de l’année précédente, le plus beau paysage du monde : mon île chérie régnant sur son archipel.
En d’autres termes, je passais quai Morand sans beaucoup m’intéresser. Mon esprit était ailleurs, et sûrement pas dans le présent. Paimpol appartenait à la légende de la Grande Pêche. De vieux marins me racontaient l’Islande, comme d’autres m’entretenaient du Cap Horn.
Et puis j’y suis revenu, de plus en plus souvent. Et pas seulement pour aller chercher ce qu’on ne trouve pas à Bréhat, c’est-à-dire presque tout. Peu à peu, un amour est né pour cette ville, pour ce port, pour ces gens, un amour « autonome » , je veux dire qui n’était plus de passage. C’est peut-être l’une des raisons secrètes qui m’a fait quitter l’île magique pour habiter maintenant le continent. Je n’avais plus de raisons de me hâter. J’ai mieux regardé, par suite mieux aimé. Et j’ai vu Paimpol changer, s’animer, s’étendre, se développer, s’enrichir, se diversifier, s’égayer. Pour la première fois je me rendais compte à quel point c’est un être vivant, une ville. Mais je devinais aussi que cet être vivant-là ne bouge pas tout seul, qu’il faut lui botter les fesses pour qu’il accepte de se transformer ! Je ne veux désobliger aucune localité alentour, mais certaines ne sont toujours pas sorties de leur sommeil ancestral… J’ai les noms, que je ne citerai pas.
Voilà pourquoi le livre que vous avez entre les mains m’a  ému et passionné. Vous y lirez l’histoire d’un haut fonctionnaire, et pas des moindres puisque collaborateur direct d’André Malraux ! Vous y verrez comment cet homme, habitué des plus grands travaux, se retrouve happé par une cité jadis glorieuse et retournée dans la modestie.
D’année en année, les  hommes politiques déçoivent davantage. Certes, à chaque élection, ils ne peuvent s’empêcher, pour l’emporter, de promettre un peu trop. Mais en guise d’excuses, il faut reconnaître qu’on leur demande de plus en plus alors qu’ils peuvent de moins en moins. Seuls les maires demeurent épargnés. On leur garde confiance, on leur conserve l’estime. Dans le chambardement et l’incognito de la mondialisation, ils gèrent un espace proche où chacun se reconnaît. Ils peuvent encore agir pour « changer la vie » . Quand ils parlent d’« ambition » , ce ne sont pas que des mots mais des faits, vérifiables, des actions, concrètes, qui ont le pouvoir d’améliorer le quotidien.
J’ai le plus grand respect pour ce qu’il faut bien appeler l’Oeuvre municipale. Il ne s’agit pas, vous l’avez compris, d’entreprises de charité mais de Création. Ne serait-ce pas ce qui reste de cette peau de chagrin qu’est devenue la politique ? Un vrai pouvoir. Regardez Nantes, regardez Rennes pour ne parler que de l’Ouest.
Paimpol n’a pas la taille de ces géantes. Mais lisez ce livre. Vous verrez, comment, jour après jour, une ville accouche d’elle-même, et parfois aux forceps.
Alors je voudrais dire mon admiration, et ma gratitude - puisque, venant sans cesse, je ne cesse d’en profiter - à  Max Querrien, celui qui, de ce renouveau, fut l’architecte.
La vie continue et ses métamorphoses.
Bon vent à Paimpol que désormais j’aime pour elle-même.

Description de l'auteur

Né le 14 juin 1921, Max Querrien est  juriste de formation. Entré  à l’E.N.A. en mars 1946, il quitte l’école dès avril, ayant été admis au Conseil d’Etat sur concours. De 1950 à 1966, il est maître de conférences d’institutions politiques et d’économie à l’Institut d’études politiques de Paris.
Entre 1954 et 1962, il dirige plusieurs cabinets ministériels, dont la Reconstruction, les Affaires étrangères, la Santé publique et la Justice. Il est maire de Paimpol de 1961 à 1995. De mai 1963 à octobre 1968, il est directeur de l’Architecture au ministère des Affaires culturelles, André Malraux étant ministre. De 1981 à 1987, il préside l’Institut français d’architecture et la Caisse nationale des monuments historiques et des sites. À partir de 1990, il est chargé de diverses missions, dont le tracé du TGV-Méditerranée et l’élaboration d’un nouveau code des propriétés des personnes publiques.

Publications :
– Pour une nouvelle politique du patrimoine (La Documentation Française 1982)
– Malraux, l’antiministre fondateur (Ed. du Linteau, 2001)
– Pour une politique de l’architecture (Ed. Le Moniteur 2008)
– Nombreux articles dans divers journaux ou revues sur l’architecture, l’urbanisme, le droit du sol et la démocratie locale.