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Les Oiseaux de Papier

de broceliande a

Jean Markale

La quête de l'Autre Monde
Jacky Ealet

Le portrait de cette figure de la culture bretonne.

18,50€ - 192 p - 16x24cm - Couleurs
ISBN : 978-2-916359-67-0

Description

Homme de lettres, historien, romancier, conteur, poète, l’écrivain breton Jean Markale, figure emblématique aux multiples facettes, s’est éteint en novembre 2008, laissant derrière lui une centaine d’ouvrages pour nombre d’entre eux, consacrés à la civilisation celtique et traduits dans plusieurs langues.
Grâce à tous les documents, photos, manuscrits pour certains inédits, fournis par son épouse, Môn Rigole-Markale, l’auteur, Jacky Ealet, emboite le pas de Jean Markale, depuis son enfance, le suivant dans sa participation au mouvement littéraire et poétique à l’aube des années 1950, dans son parcours d’écrivain, d’homme de radio, de télévision, de théâtre… de BD. Dans sa contribution, l’auteur entrouvre aussi la « porte en dedans » du passeur enchanteur qui s’est si souvent plu à endosser l’habit de Merlin.

Extrait :

Introduction :

Homme de lettres, historien, romancier, conteur, poète, l’écrivain breton Jean Markale, figure emblématique aux multiples facettes, s’est éteint en novembre 2008, laissant derrière lui une centaine d’ouvrages, pour nombre d’entre eux consacrés à la civilisation celtique et traduits dans plusieurs langues. Malgré sa notoriété, l’aura qui entourait sa personnalité, l’incontestable intérêt du public au regard des ventes toujours constantes de ses ouvrages, sa disparition n’a pourtant guère suscité d’échos. Elle est passée pratiquement inaperçue, tant en Bretagne, dans les médias, voire même dans les milieux littéraires, où pourtant il avait de longue date trouvé sa place. Jean Markale, d’emblée, était-il condamné à tomber dans les oubliettes de l’Histoire ?

C’est dans la plus petite commune du Morbihan, Tréhorenteuc, au cœur de Brocéliande, que s’est manifesté, au lendemain de sa mort, l’un des premiers signes de reconnaissance et d’estime à son égard, avec l’idée de lui consacrer une exposition, en forme d’hommage à l’écrivain, mais aussi à l’ami. Le signe du cœur. N’était-ce pas ici même que naguère, le tout jeune Jacques Bertrand, effectuait ses premiers pas aventureux dans la forêt légendaire ? C’est en ce lieu perdu au creux d’une vallée encerclée par la forêt et les landes, un lieu où « Tout ce qui existe n’existe pas, mais où ce qui n’existe pas existe », un lieu où « La porte est en dedans », qu’il fit la rencontre de celui qui fut son « père spirituel » : l’abbé Gillard, recteur de Tréhorenteuc. Ici encore, où par la suite, tout au long de sa vie, il revînt régulièrement, à la fois pour se ressourcer et faire partager à chacune de ses visites, la ferveur de ses connaissances, de son érudition.


L’idée première de cette exposition s’est concrétisée au printemps 2010. Réalisée et présentée par l’association de Sauvegarde des œuvres de l’abbé Gillard, cette exposition a été rendue possible grâce au concours de son épouse, Môn Rigole-Markale, qui a mis à la disposition des organisateurs nombre de précieux documents, archives, photos, manuscrits inédits…
Intitulée La quête de l’Autre Monde, cette exposition fut ainsi baptisée en référence à la civilisation celtique et à ses nombreux mythes, si chers au cœur de l’intéressé. L’esprit qui présidait à cette rencontre, était également lié au lieu, Brocéliande, et plus particulièrement à Tréhorenteuc : un lieu d’enfantement ô combien magique et fécond pour l’œuvre, les sentiments, la spiritualité de Jean Markale, quelque part, toujours vivant et présent, malgré le voile qui nous sépare de lui désormais.
Loin d’être exhaustive, cette exposition présentée dans les locaux de l’office de Tourisme à Tréhorenteuc, puis à la Maison du
Morbihan implantée à Mauron, a cependant montré, par son contenu, combien elle répondait à une attente manifeste de la part d’un public pour qui Jean Markale, par ses écrits, par ses interventions, par son passage, a permis d’ouvrir grandes les portes de la connaissance, de l’imaginaire et du rêve.
Un souhait demeurait : faire en sorte que cette exposition, au caractère ponctuel et forcément éphémère, pût trouver sa prolongation sous la forme d’un livre. Une façon, pour tous ceux qui ont connu, lu ou écouté Jean Markale, mais aussi pour ceux qui souhaiteraient aujourd’hui faire sa connaissance, d’avoir entre les mains, un peu de lui, à travers le cheminement qui fut le sien et les sillons qu’il aura tracés. Comme pour l’exposition, ce livre est le fruit d’une volonté commune : celle de son épouse Môn Rigolé Markale, qui l’exprime dans son avant-propos. Entreprendre la réalisation de ce livre fut de mon côté, une façon de manifester l’amitié, le respect et la reconnaissance que lui porte son ami de Tréhorenteuc.

Jean Markale, Yann Brékilien, Per-Jakez Hélias, Charles Le Quintrec, Xavier Grall… Autant de noms qui chantaient dans ma tête et animaient mon imaginaire lorsqu’à l’aube des années soixante-dix, comme beaucoup, à la lecture de Morvan Lebesque et à l’écoute de Glenmor, la « celtitude » qui coulait déjà secrètement dans mon être se révélait, m’invitant à porter mes pas sur les longs chemins de la Connaissance afin d’esquisser les traits de l’âme du Pays d’où je suis issu.
De tous ces noms, celui de Jean Markale résonna vite d’une façon plus familière. Dès les premières lectures de ses écrits, il me sembla reconnaître le reflet de ce qui, encore confusément, trottait dans mon esprit : Jean Markale, avec ses mots, parlait de mon « Autre Monde ». Chacun de ses livres, ses chroniques dans les journaux, en leur temps, eurent l’heur de nourrir mon désir d’avancer, tenter de comprendre et pénétrer cet univers si mystérieux à l’horizon infini, vers lequel j’avais envie de progresser. Enfant et adolescent de Plélan-le-Grand (Ille-et-Vilaine), j’avais déjà entrepris l’Aventure Brocéliande, explorant les recoins secrets de la forêt de Merlin. Plus tard, de la même façon, j’ai commencé à suivre Jean Markale dans le labyrinthe des légendes de la Table Ronde, de la tradition celtique. Avec passion, j’ai lu et relu chapitres et chapitres de ce guide, de ce passeur dont je ne connaissais que le nom, mais dont la main tendue me semblait si proche et si accessible. Je me suis frayé un chemin dans l’histoire et l’épopée du roi Arthur, dans les méandres de la civilisation celtique, dans le sillage des grands bardes gallois… Mais au-delà, dans l’écriture de Jean Markale, j’ai également et surtout trouvé des mots simples, vrais, poétiques, pour évoquer l’environnement et l’atmosphère de cette forêt de Paimpont qu’il a tant arpentée et qui m’est chère.
Il faut dire que l’un et l’autre, à un moment important de notre vie, nous avions eu le même coup de foudre en découvrant
Tréhorenteuc et son recteur, l’abbé Gillard. Autant imaginer combien, à l’évocation du lieu et de l’homme, je fus heureux de retrouver, à travers les lignes de Jean Markale, les émotions et le choc que j’avais pu intérieurement ressentir.

En été 1978, à Tréhorenteuc — ce ne pouvait être qu’en ce lieu  — ce fut notre première rencontre. Jean Markale accueillait les visiteurs et dédicaçait ses livres dans la sacristie de l’église, aux côtés de l’abbé Gillard. D’emblée, je fus impressionné par sa personnalité. Grand, filiforme, vêtu de noir, une coiffure grisonnante comme Léo Ferré, ce Jean Markale était étonnamment conforme à celui que j’avais imaginé derrière le nom imprimé sur la couverture de ses livres. Mais plus encore, il y avait sa voix grave, rocailleuse, issue des profondeurs… sépulcrale, a-t-on justement écrit à son sujet. Dans la sacristie, derrière le gros coffre qui leur servait de présentoir de livres et brochures, parmi les tableaux évoquant le Val sans Retour, Barenton, Comper, Tréhorenteuc, l’ambiante complicité qui régnait entre les deux hommes parlait plus que les mots. On sentait combien l’un, le plus jeune, était devenu le prolongement naturel de l’autre.
C’est ce précieux prolongement que beaucoup ont ensuite eu le bonheur de connaître, ici, à Tréhorenteuc, lorsque Jean Markale, fidèlement et régulièrement, revint et ce, jusqu’en septembre 2006, lors de sa dernière visite, aux côtés d’Yvonnig Gicquel.
Aujourd’hui, au-delà de l’évocation de la vie de Jean Markale et de son œuvre, il s’agit aussi et surtout d’exprimer le reconnaissant et fidèle salut à l’homme, à ce qu’il représente, à ce qu’il demeure, ici, pour ses amis, en Brocéliande. Nous gardons l’image de l’homme libre, instruit, passionné, pédagogue, poète, magicien, porteur de rêve, enchanteur… Ne fut-il pas la réelle incarnation de Merlin dont il s’est si souvent plu à endosser le costume avec bonheur ?

Avec le départ de Jean en novembre 2008, une part de l’âme de Brocéliande s’est bien sûr envolée. Mais elle persiste à planer malgré son absence. Son souffle invisible, nous pouvions déjà le ressentir de façon indicible, fort et inaltérable, lorsque physiquement absent de Brocéliande, Jean Markale partait au loin, à Camors, ou encore chez les Cathares, au Pays de Galles, en Irlande, dans ses îles fortunées, dans son éternelle recherche du temps des Merveilles… Même très loin, il était toujours là.
Jean Markale a entrepris un autre voyage. On peut imaginer qu’il est parvenu à atteindre la lointaine et mythique terre des fées, son île d’Avalon… Mais cette nouvelle absence n’altère en rien la profonde empreinte qu’il laisse sur son passage, ici, plus spécialement à Tréhorenteuc. Son souffle demeure et accompagne celui de l’abbé Gillard. L’écho de sa voix résonne encore, si personnelle, si belle, comme aux jours où, merveilleux conteur, il nous parlait de son Autre Monde, afin de nous le faire partager et nous aider à trouver notre propre chemin dans la recherche du Graal.

Présentation de l'auteur :

Né à Paris le 5 janvier 1944, Jacky Ealet est originaire de Plélan-le-Grand. Depuis l’enfance, il sillonne les allées forestières de Brocéliande. En 1955, à la faveur des premières excursions en autocar organisées l’été, en fin de semaine, il découvre Tréhorenteuc, le Val sans retour et surtout l’abbé Gillard qui présente son église. Premier déclic… suivi de bien d’autres.
Le Destin étant écrit, en 1977, avec son épouse, il acquiert le manoir de Rue Neuve qui tombe en ruine à Tréhorenteuc. Ils le restaurent et s’y installent en 1983.
Jacky Ealet est 1er Adjoint au Maire à Tréhorenteuc et Président de l’Office de tourisme de la Communauté de communes de Mauron en Brocéliande. Journaliste (ancien rédacteur en chef des Infos de Ploërmel et de Redon, aujourd’hui à la retraite), faiseur de poèmes et chansons, il a participé à diverses publications relatives à la forêt de Brocéliande : Brocéliande ou l’Obscur des forêts (1988) aux éditions Artus, Mémoire en images de Brocéliande aux éditions Alan Sutton (1994), Topo guide des sentiers de randonnée  Tour de Brocéliande, 1988, Tréhorenteuc en Brocéliande aux éditions Les oiseaux de papier (2009), Ploërmel, Mémoire en images, tome 2, Éditions Alan Sutton, 2010, Brocéliande, L’eau, la pierre et les bois, Association de Sauvegarde du Val sans Retour, 2012.