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Conception graphique par Anne Gérardin - Des Trucs et des Bidules

Les Oiseaux de Papier

de broceliande a

L'Église du Graal

Elisabeth Cappelli (textes), Alain Gérardin (photos)

Découvrez l'église de l'abbé Gillard, en Tréhorenteuc.

10€ - 86 p - 13x21 cm - Couleurs
ISBN : 978-2-916359-79-3

Description

« La porte est en dedans »... Cette phrase énigmatique vous accueillera avant d’entrer dans la chapelle de Tréhorenteuc, celle de l’abbé Gillard.
Dans celle-ci, rien n’est laissé au hasard, tout est symbole, tout est question.
Cette chapelle, et ce qu’elle contient, est une clef. Elle vous ouvrira bien des portes : celle de l’harmonie, de l’équilibre entre les contraires, de la conscience. Entre l’alpha et l’oméga, le présage et la fin, chaque vie est une quête, elle vous dira que nous sommes tout à la fois la clef et la porte.
 Au-delà des symboles se cache l’Essentiel.

« Dites-vous bien que ce que vous voyez n’existe pas, mais que ce que vous ne voyez pas existe bien. »

Abbé Henri Gillard

Extrait

Un peu d’histoire.

L’église de Tréhorenteuc est la plus petite de tout le Morbihan. Elle est située, en outre, dans la commune la moins peuplée de ce département. En effet, la population de celle-ci n’a jamais dépassé les 279 habitants, et ce en 1846.

En 2005, elle n’en comptait plus que 112. Le contraste avec l’affluence qu’on y constate aujourd’hui est d’autant plus étonnant : environ 60 000 visiteurs en 2011 ! On doit cette renommée exceptionnelle à un homme : l’abbé Henri Gillard. On peut voir sa statue devant l’église. Cette œuvre en bronze, réalisée par Mickaël Thomazo, sculpteur à Ploërmel, a été érigée le 27 juin 1999 pour commémorer les 20 ans de la disparition de l’abbé.

L’abbé Gillard est nommé recteur de Tréhorenteuc en 1942, dans cette paroisse du bout du monde où, jusqu’en 1950, on n’arrive que par des chemins de terre et des routes empierrées. Il découvre une église en assez mauvais état.
Édifiée à l’emplacement d’un oratoire consacré à sainte Onenne au VIIe siècle, la première église fut reconstruite en 1516 par l’abbé de Paimpont, Dom René Hamon, qui avait été nommé à Tréhorenteuc. Comme l’écrit à ce propos Jacky Ealet dans son livre Tréhorenteuc en Brocéliande, l’église « reste pauvre, petite, basse, simplement enduite de terre glaise sans pavage et peut-être sans voûte. »

En 1822, l’abbé Brogard avait déjà trouvé une église en ruines. Il fera réaliser, à sa charge, de 1823 à 1825, les travaux nécessaires à sa réfection. Mais avec le temps, ces restaurations se révéleront insuffisantes pour empêcher la dégradation de l’église et du presbytère.
Dans les années trente, comme le note encore Jacky Ealet, « l’abbé Alliot tire la sonnette d’alarme auprès de l’évêque ˝Je consens à risquer ici ma vie cet hiver, mais pas le suivant…˝ De la même façon, il souligne le grand danger d’écroulement du pignon de l’église ˝le maître-autel est adossé à ce pignon. Qu’arriverait-il s’il tombait pendant un office ?˝ »

En 1933, on envisagera même de procéder à la démolition de l’édifice. En 1935, un vicaire administrateur est désigné en attendant la nomination d’un nouveau recteur. La place ne semble pas très attrayante. Il faudra attendre 1942 pour qu’arrive l’abbé Gillard. Il a 41 ans et depuis son ordination en 1924, il a déjà occupé deux postes en tant que vicaire dans le Morbihan, à Plumelec puis à Crédin. Il a la réputation d’avoir une forte personnalité et ses rapports avec sa hiérarchie sont difficiles. Il va donc avoir en charge la paroisse de Tréhorenteuc, véritable « pot de chambre du diocèse », là où « il n’y a rien ». Il sait qu’il s’installe dans un lieu différent des autres, un lieu tout à fait à part. Il va donc se servir de ce qui rend ce lieu particulier, original. En utilisant l’héritage légendaire et ses connaissances en symbolique, il va faire de cette petite église un centre spirituel rayonnant au service de sa foi.

Mais tout d’abord, il faut consolider l’église et la mettre hors d’eau. Il ne peine pas à se faire accepter par les habitants. En effet, il a un atout majeur : né à Guégon, dans le Morbihan, il a, en outre, toujours exercé son ministère en pays gallo dont il parle couramment la langue. Il va donc pouvoir remplir les fonctions de secrétaire de mairie. Il va savoir trouver toute l’aide dont il a besoin auprès de ses paroissiens pour transporter les pierres nécessaires au chantier de réhabilitation de l’église.
La carrière de schiste rouge n’était pas celle que nous connaissons aujourd’hui, elle était beaucoup plus éloignée. Il a donc fallu atteler des vaches aux charrettes, et faire un grand nombre d’allers-retours. On raconte encore que l’abbé maniait la barre à mine pour casser lui-même les pierres. Cela a duré trois ans, plus que prévu au départ. En effet, après avoir consolidé le pignon est, le mur du clocher et refait la sacristie, il a, en plus, rajouté le porche sud que nous voyons aujourd’hui. Les pierres en trop furent revendues à un maçon de Ploërmel et l’argent ainsi récolté fut employé à réparer la toiture.

L’église a maintenant l’aspect que nous lui connaissons.

Présentation des auteurs :

Elisabeth Cappelli (auteur) :

Enseignante à la retraite, Elisabeth Cappelli aime à faire partager ses passions pour la Bretagne, les plantes, l’Histoire et les mythologies. Pour elle, le monde qui nous entoure est un univers merveilleux, ouvert à tous. La joie de la découverte et la soif de connaissance l’accompagnent sur les nombreux chemins qu’elle se plait à emprunter.

Alain Gérardin (photographe) :

De la calculette à la plume, le parcours atypique d’un ex-banquier, lequel, pour être en phase avec sa vision du Monde et ses convictions profondes, a choisi de quitter Paris et les Champs élyséens pour la Bretagne, Brocéliande et ses légendes, cette formidable source d’inspiration.