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Les Oiseaux de Papier

collection livres broceliande generaliste titre

Les Semailles de Satan

Charles Doursenaud

Après Puisque tu dois mourir, une nouvelle enquête captivante.

12.50€ - 344 p - 14x20 cm - NB
ISBN : 978-2-916359-86-1

Description

Avec Les Semailles de Satan, entrez dans le tourbillon insolite des vieilles superstitions bretonnes, mystérieuses et inquiétantes, mêlées à des pratiques de sorcellerie barbares et punitives. 

Nous sommes en Bretagne, à l’été 1979, l’officier de PJ Narcisse Toulminé et son adjoint Jo Ollivro coulent de paisibles vacances à Carnac. Comment auraient-ils pu prévoir qu’en acceptant d’écouter les jérémiades d’une certaine madame Gillard, ils allaient se retrouver au cœur d’une sombre machination ?
Au cours de leur enquête, où le grotesque va côtoyer le drame, Narcisse et Jo vont être confrontés à d’étranges croyances légendaires et louvoyer dans un cercle familial où les rapports ambigus entre les personnes autorisent toutes les suppositions.

Extrait :

Juillet 1979.
Depuis qu’il était amoureux, Narcisse Toulminé  était devenu étrangement romantique. Il supportait de plus en plus difficilement les aspects sordides de son boulot d’officier de Police judiciaire qui lui offrait une vision répugnante de l’humanité. Les mecs et les bonnes femmes alcoolisés qui se fracassaient le crâne à coups de bouteilles, les obsédés de la quéquette qui violaient et parfois étranglaient des mémés de quatre-vingts balais, les nazillons qui jouaient du couteau pour un regard ou une parole de travers, les désespérés qui se faisaient sauter la cafetière au fusil de chasse, les macchabées éviscérés par la légiste, Chloé, tout ça finissait par lui donner la nausée. Il avait l’impression d’évoluer dans un univers kafkaïen où la violence était l’âme de la vie et la mort son essence, un univers qui avait de quoi vous mettre à tout jamais le moral dans les chaussettes et vous convaincre dangereusement de l’absurdité de l’existence. Mais, comme Sisyphe, Narcisse était rattaché au monde par la main fraîche d’une jeune femme. En entrant dans son cœur, Pierrette lui avait révélé que la vie n’était pas qu’un simple jeu mortel et désespérant ; elle lui avait offert une esquive : l’Amour, qui était capable de recouvrir une branche banale, moussue et vermoulue, de cristaux étincelants, bref, de chasser les ténèbres, de dissiper les idées noires, d’ensoleiller l’existence, de vous réchauffer la carcasse, de vous redonner le goût de vivre pleinement. Et nom de dieu, c’était vrai. C’était bon d’avoir quelqu’un dans la peau, dans la tête, dans les tripes, de voir son visage, ses yeux, son sourire, partout où se posaient vos yeux. Tout repartait de zéro pour Narcisse ; il renaissait ; non, il ressuscitait. Il se rendait compte qu’il était moribond avant de rencontrer Pierrette ; il s’oubliait dans le travail et vivait par habitude, traînant à son pied un boulet de regrets attaché à une chaîne d’erreurs. Qui sait s’il n’aurait pas fait une connerie un jour ou l’autre, sans l’amitié fidèle de Jo, son coéquipier, son pote, son confident, son conseiller, et sans le réconfort quasi maternel d’Annie. Mais c’était fini. Cette prétentieuse d’Agnès avait accepté le divorce et les choses avançaient bien. Narcisse avait déjà versé une copieuse provision sur honoraires à son avocat, Maître Caduc, et reçu l’ordonnance de non-conciliation autorisant les époux à résider séparément l’un de l’autre. Agnès avait gardé l’appartement qu’ils louaient au quatrième étage de la résidence du centre, à Villejean ; elle avait déjà retrouvé un jules, qui convenait parfaitement à ses grands airs supérieurs : un collègue à elle, un épouvantail à potaches, répulsif à souhait avec son collier de barbe taillé en équerre, un cuistre verni de culture scolaire, qui jouait les intellos en coinçant sous la manche de son duffle-coat un bouquin qu’il n’ouvrait jamais. En plus, à voir ses grandes dents, ses grandes oreilles et son nez froncé, il devait la sauter comme un lapin.

Présentation de l'auteur :

Charles Doursenaud a passé son enfance à Tréguier (Côtes-d’Armor), sa ville natale, avant de poursuivre ses études à Saint-Brieuc et Rennes. Professeur à Vannes, Mauron puis Lannion, il a toujours été passionné par l’histoire de la Bretagne. Il cherche au fil des documents d’archives les détails de la vie courante, les atmosphères, les émotions qui donnent à l’existence de ses personnages couleur et mouvement.
Du même auteur :
- Aux éditions Le fou de bassan : L’assassin frappe à Guingamp, L’affaire Corlouêt, forçat matricule 407, Crimes & filouteries au pays de Tréguier, Les contrebandiers de Plougrescant et Le sang des Cent-Jours un épisode de la chouannerie en Trégor.
- Aux éditions Les oiseaux de papier : Le fusil de récompense, L’ombre du corbeau, Puisque tu dois mourir.